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Les acteurs locaux, à l’école de l’obtention de délibérations foncières

lundi 8 janvier 2018, par mcoul

L’accaparement des terres continue d’être une véritable problématique en milieu rural. C’est parce qu’en général, ceux qui occupent ces terres ont certes une légitimité, mais malheureusement ils ne disposent d’aucun papier pouvant l’attester. C’est ainsi que pour une meilleure sécurisation des exploitations, Enda Pronat et ses partenaires ont organisé ce week-end une séance de sensibilisation, de formation et d’accompagne- ment des acteurs de Fandène et Chérif Lô, pour l’obtention de délibérations foncières sur les terres qu’ils occupent.

Ces dernières années, le monde rural a été secoué par des scandales liés à l’accaparement des terres. Les cas de Senhuile/ Senethanol à Fanay, marqués par des affrontements sanglants, en sont des illustrations. C’est pour éviter la prolifération de ces évènements malheureux, qui constituent une menace contre la survie des exploitations familiales, qu’Enda Pronat, ses partenaires et la société civile se sont donné la main, pour engager la bataille aux côtés des communautés. Ce qui s’est traduit par des actions de mobilisation et de sensibilisation des populations sur leurs droits fonciers et d’appui à la sécurisation foncière de façon générale. C’est parce que le constat est fait partout que, la grande majorité de ces populations détiennent les terres qu’elles occupent depuis des générations, mais malheureusement, elles ne peuvent brandir aucun papier pouvant attester cette légitimité. C’est pour apporter une solution qu’Enda Pronat et ses partenaires ont initié ce week-end un atelier de sensibilisation des acteurs de Fandène et Chérif Lô, sur les enjeux de la sécurisation foncière et l’accès des femmes au foncier, notamment à Chérif Lô.

L’atelier a regroupé les leaders d’opinion, les autorités coutumières religieuses, les autorités administratives et territoriales. Il s’est agi d’une séance de sensibilisation, de formation et d’accompagnement des acteurs locaux, pour l’obtention de délibérations foncières sur les terres qu’ils occupent.

Selon El Hadji Faye, coordonnateur des programmes Enda Pronat, il s’est agi de voir comment, à travers la sécurisation foncière, promouvoir une certaine équité entre les différentes couches de la population. En effet, les études menées par Enda Pronat en collaboration avec les Universités de Dakar et Saint-Louis ont révélé que l’accès des femmes et des jeunes au foncier est davantage un problème social voire culturel qu’un problème juridique et c’est donc au sein de communautés qu’il devra être résolu. De l’avis d’El Hadji Faye, il y a une loi qui est là depuis 1964, mais les populations ne l’assimilent pas souvent et c’est pourquoi elles continuent à se prévaloir de droits coutumiers alors que ladite loi les a abolis. Ce qui induit à ses yeux une certaine insécurité foncière et crée des tensions au niveau local. Au cours de l’atelier dit-il, il s’agit de passer en revue tout ce que dit la loi sur le domaine national par rapports aux droits des populations et les prérogatives de la mairie sur ces droits et qui tournent autour de trois axes, à savoir l’affection, la désaffectation et la réaffectation. Il s’y ajoute la mise à l’étude des devoirs de la mairie par rapport aux ressources naturelles. Selon lui, la sensibilisation des acteurs porte sur toutes ces thématiques.

Pour El Hadji Faye Directeur des Programmes d’Enda, cette question de la sécurisation foncière est d’autant plus importante, il y a beaucoup d’enjeux autour de la problématique tant au niveau local qu’international. « Les populations sont spoliées parce que la plupart ne connaissent pas leurs droits. Il y a aussi des investisseurs qui viennent des grandes villes et de l’étranger pour exploiter les ressources naturelles et sur lesquelles dépend la subsistance des populations », ajoute-t-il. A l’en croire, c’est pour lever tous les obstacles qu’Enda s’est engagé dans ce processus pour faciliter la discussion entre tous les acteurs, en l’occurrence les maires, les chefs de village, les groupements de femmes et de jeunes, les paysans, les éleveurs pour avoir une bonne lecture de ce que dit la loi. Il s’agit ensuite dit-il d’accompagner les acteurs pour la formulation des demandes d’obtention de délibérations et les acheminer au niveau des conseils municipaux respectifs.

Thierno Sall , Chargé de la communication ENDA PRONAT

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